Théo in the ℝ
Le vêtement se raconte à travers celui qui le porte










15.04.18

ANOTHER WORLD


Contexte : 1h du matin. Un samedi soir, dans le bus 26..

Conclusion du jour : Parfois, il faut savoir persévérer. 20 minutes après avoir attendu un bus censé arriver dans 5 minutes, vu quatre métros passer devant moi, juste parce que je voulais écrire cet article dans un bus, c'est, il est vrai, la seule chose qui me vient à l'esprit.

Another world. Plus qu'un ressenti, plus que de simples émotions. Juste une bulle dont il m'est impossible de sortir. Surtout parce que je n'en ai pas l'envie. Non, ce n'est pas que je ne souris jamais, ce n'est pas non plus que je ne suis pas heureuse. Ce n'est pas que je ne m'amuse pas, ce n'est pas que je suis coincée, ce n'est pas que je m’ennuie, et ce n'est pas non plus que je suis froide. Ces pensées sont beaucoup moins faciles à retranscrire que ce que je n'aurais pu l'imaginer. Pourtant, il me suffirait de réussir à justifier ce titre… Another world. Another world, car pour moi je ne vis pas dans votre monde. Ou plutôt, le monde dans lequel vivent la majorité des gens ne me correspond pas vraiment, ou pas suffisament parfois, et c'est pour cela que j'ai été forcée d'en créer un autre, un monde de remplacement. Honnêtement, je ne dois pas être la seule, loin de là, mais ce que je sais en tout cas, c'est qu'il m'a fallu énormément de temps pour le comprendre et trouver une solution de rechange… J'avais parfois l'impression d'être extrêmement inintéressante, cela pouvant me conduire dans des sortes d'impasses sociales. Des endroits, remplis de monde, où je me sentais un peu piégée car je n'avais aucune idée de comment agir, et également par manque d'envie d'interagir. De fait, j'avais peur, vraiment peur, de me retrouver dans une situation que j'aurais été incapable de contrôler, peur d'évoluer dans un monde rempli «d'autrui». Je crois en fait, que souvent les intérêts des autres ne me correspondent pas vraiment, ou pas totalement. Lorsqu'on est comme moi, se confronter au monde réel n'est pas forcément évident.




En réalité, la plupart du temps, cela passe inaperçu. En petit groupe, j'arrive à trouver ma place, et sinon, j'agis de manière très détaché disons. Quand j'y réfléchis, rare sont les gens qui me connaissent vraiment. Peut-être parce que je ne suis pas la plus bavarde, ou peut-être parce que je n'aime pas donner ce genre, de détails. Ainsi, aujourd'hui, j'ai surtout tendance à me créer des bulles, sorte de sphères magiques, invisibles, où le monde serait comme filtré. Comme si je vivais dans un autre monde. Cela ne pose bien sûr aucun problème quand je suis toute seule. Mais, certaines situations ne sont pas toujours évidentes. Ce n'est probablement pas à mettre sur le compte la timidité, mais cela relèverait plutôt d’un caractère assez introverti. Enfin, malgré tout, je crois qu'il est faux de dire que je suis asociale. Je trouve, évidemment, que de nombreuses personnes jouent un rôle très important dans ma vie, m'apportant des rires, de très bons moments, des réflexions… Aujourd'hui, j'arrive mieux à transposer cette bulle spéciale, dans le monde des autres, me rendant plus imperméable à cet endroit que je ne comprends pas et qui ne me ressemble pas toujours. Cet another world est finalement l'endroit me permettant d'être heureuse.










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NEIGE INVISIBLE