Théo in the ℝ
Le vêtement se raconte à travers celui qui le porte










17.11.19

MODE ÉPHÉMÈRE (2)

Oser regarder la vérité.

Statistiques de ma garde-robe :
N (taille échantillon) = 234 vêtements (je ne tiens pas compte des vêtements que je ne porte jamais, des vêtements de sports et des maillots de bain)

- Fast Fashion (hors Zara et Topshop) : 33.8%
- Zara : 20.5%
- Topshop : 12.4%
- Vintage : 33.3

Je n’ai pas choisi cette tenue par hasard. Au-delà du fait que je l’aime beaucoup, elle reflète parfaitement - regardez la taille relative des vêtements - les statistiques de ma garde-robe. Beaucoup (trop) de Zara, une part assez importante de vintage et de fast-fashion, et enfin quelques pièces de Topshop.





Clothes

Haut : Zara
Jupe : Mad Vintage
Chaussures : Topshop
Sac : Monoprix
Boucles d'Oreilles : & Other Stories

Rouge à lèvres : Fenty Beauty (Uncensored)


Villefranche-sur-Mer

Oser faire ce qu'on pense.



Il y a deux ans, j’ai écrit un article intitulé Mode éphémère. J’y abordais la notion « d’éphémère » dans la mode (l’éphémère étant à la fois, à mon sens, le problème majeur de la mode mais aussi ce qui la définit). J’expliquais notamment que j’étais consciente de l’impact social et environnemental désastreux de l’industrie de la mode qui, en multipliant les collections à bas prix, multiplie aussi les pressions qu’elle exerce sur la planète… J’écrivais également que d’en être pleinement consciente ne me poussait pas, pour autant, à boycotter la fast-fashion, parce que comme beaucoup de gens, je préférais me persuader qu’il s’agit au mieux d’un état de fait, au pire d’une fatalité, et qu’il est donc impossible de changer les choses.

La dernière phrase de l’article, « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde », citation de Ghandi, a mis un an avant de réellement cheminer dans ma tête et d’y trouver une résonnance. Bien sûr, aujourd’hui je suis encore très loin d’appliquer ce mantra, mais j’ai au moins osé regarder la vérité en face concernant l’industrie qui me représente le plus. La dernière fois que j’ai acheté un vêtement chez Zara, remonte à il y a un an. Étrangement, ou pas, je ne m’en porte pas plus mal !



Oser.


C’est vrai ; pour que la transition soit parfaitement achevée, il faudrait que je cesse de commander des vêtements sur le site de Topshop, qui appartient aussi au monde de la fast-fashion. Si je regarde les statistiques de ma garde-robe et le détail de sa composition, je constate que les vêtements que je suis le moins susceptible de porter (parce qu’ils ne me satisfont plus) sont justement les vêtements issus de cette fast-fashion, puis les vêtements Zara. Au contraire, je remarque que je conserve les vêtements vintage sur le long terme, et que je m’en lasse beaucoup moins vite. Je pense même pouvoir affirmer qu’ils continueront à faire partie de mon dressing pendant de longues années encore. Pour autant, si je ne me sens actuellement pas capable d’arrêter de fréquenter Topshop, c’est parce que, généralement, l’achat d’une pièce de cette marque me comble plus que l’achat d’une pièce dans une friperie. C’est probablement dû au fait qu’elles correspondent davantage à l’ère du temps. Chose notable, mes achats Topshop ont beau correspondre à une « actualité du vêtement », ils ne font pas partie des pièces dites éphémères de ma garde-robe. Ce sont des vêtements que je qualifierais d’originaux et bien faits. Comme pour la partie vintage de mon dressing, je les garde longtemps et ne m’en laisse pas facilement. Précision importante : c’est justement cet aspect original ajouté au prix (en moyenne 1,5 fois plus cher que Zara) qui fait que l’achat d’un vêtement Topshop suppose au préalable un réel-coup de cœur.

Je crois que ma préoccupation principale est donc désormais de me construire la garde-robe la plus intemporelle qui soit. Je ne dirais pas que cela m’était égal auparavant, mais j’ai acheté un grand nombre de choses tout en sachant plus ou moins pertinemment que je n’allais les porter qu’à de rares occasions, puis qu’elles m’ennuieraient. Je dois aussi reconnaître que s’éloigner de l’éphémère est plus simple aujourd’hui, dans la mesure où il me semble que mon style s’est globalement stabilisé et affirmé.




Finalement, la mode et mes vêtements continuent de jouer un rôle énorme dans ma vie, mais différemment. Je n’ai pas choisi de renoncer à la mode, je n’ai pas choisi de renoncer à ce que je considère comme une forme d’art, un véhicule à émotions. Mais je n’ai pas non plus choisi de renoncer à la vérité.
Photos réalisées par moi




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ERREUR DE LAVAGE