Antidotes contre l'ennui 03.06.18

Viridity : naive innocence

Récemment, de nombreuses facs parisiennes étaient bloquées, ce qui explique que beaucoup d’étudiants n’avaient pas cours. Outre que les raisons de ces blocus étaient totalement justifiées, cela m’a conduit à avoir une discussion très intéressante avec Khadi. Elle me disait que lorsque qu’elle n’avait cours qu'occasionnellement, elle avait l’impression de tourner en rond chez elle, sans vraiment savoir comment s'occuper. Cela l'a amenée à la conclusion que, étrangement, sa vie remplie lui manquait. J’arrive parfois à un constat similaire, même si ce n’est pas dans les mêmes circonstances. Je serais incapable d’avoir une vie vide, inactive... Et cela me ramène parfois à m’interroger sur le sens de la vie ; je me demande si elle en a vraiment ou comment lui en donner un sinon (un sens, c'est-à-dire une utilité, un véritable interêt) ? Et c’est lorsque je ne travaille pas, c’est-à-dire lorsque je suis libre de choisir ce que je veux faire sur une longue durée que j’en arrive à ce genre de réflexions. D’où le titre de cet article, antidotes contre l’ennui. Peut-être que pour moi le travail fait partie des antidotes contre l’ennui, ou peut-être qu'il me permet de saisir d’avantage la valeur des moments où je ne travaille pas ?

Salopette : Fripe à Londres - Top en dentelle : Zara - Chaussettes : Monki - Rouge à lèvres : Dance with me (M.A.C)




Non que je me sente obligée d'introduire la mode dans chacun de mes articles mais, pour moi, la mode, tout comme le travail, aide à donner une direction à mon quotidien. Peut-être parce qu'elle réunit de nombreux aspects choses qui font sens ; l’esthétisme, les émotions, la nouveauté, la liberté, l’envie... Donner un réel sens à sa vie n’est pas forcément évident, et peut-être pas nécessaire, mais en même temps, s’interroger sur ce qui ce passe rend les choses plus intéressantes. Enfin, j’écoutais récemment un podcast ("Nouvelle école" – n°69 – Roman Frayssinet : Débrouille-toi !), et l'invité du podcast montrait à quel point il était important de s’ennuyer. Finalement, il est probable qu’il faille arriver à concilier intensité et moments plus calmes, plus spontanés et irréfléchis. Alors aujourd’hui, je n’abandonnerais pour rien au monde (ou presque) ma vie si remplie. Comme c'est quelque chose que j'ai choisi, je considère que c'est une chance : cela crée du sens, tout en me permettant de garder à l’esprit que rien n’a de réelle importance, et tant mieux.



Photos réalisées par Aicha


Quote of the month
« Pure, intense emotions. It's not about design. It's about feelings. »
Alber Elbaz